Social business et pays émergents

Le précurseur du Business social s’incarne en la personne de Muhammad Yunus pour qui tout problème peut se résoudre par la création d’une entreprise. L’entreprise serait en effet un acteur plus puissant que les pouvoirs publics pour lutter contre la pollution, la pauvreté ou encore les maladies. Un concept pour le moins utopiste qui a pourtant déjà fait ses preuves.

Le concept du social business

À l’image de la Grameen Bank, justement fondée par Muhammad Yunus, et qui a changé la vie de millions de personnes, le business social pourrait s’apparenter à une nouvelle forme de capitalisme. À mi-chemin entre la course au profit et le monde associatif qui n’est rien sans financement extérieur, le business social est le point de convergence entre l’économie et les enjeux environnementaux et sociaux. Ne versant pas de dividendes, une entité fonctionnant selon le modèle de Business social s’autofinance à la manière d’une entreprise à but lucratif, mais avec comme base, un modèle économique qui induit des répercussions sociales et environnementales importantes. Il s’agit au final de faire valoir les compétences d’entreprise, dans des objectifs autres que le seul profit, à savoir l’amélioration des conditions de vie des populations en difficulté, à commencer par les populations des pays émergents.

Le business social en ébullition

La Grameen Bank rencontre un succès sans équivalent, notamment du fait qu’elle n’œuvre que sur le bas de la pyramide économique. Le marché des plus pauvres existe bel et bien, mais à ce niveau la course au profit ne peut pas faire partie des objectifs prioritaires, car il s’agit d’apporter des solutions et/ou produits qui permettent la création de nouvelles économies. Et pour ce faire, la priorité est la résolution des problèmes tels que la pauvreté ou l’accès aux soins. Des problèmes qui ne peuvent être mieux résolus que par des entreprises, qui dans leur corps de métiers sont des spécialistes. Les groupes de discussions, laboratoire de recherche et autre « Think Tank » se sont donc multipliés, notamment grâce aux initiatives de Muhammad Yunus. Il en ressort toujours plus de nouveaux modèles économiques et de solutions ciblées pour résoudre les problèmes des populations prises dans l’engrenage de la pauvreté.

Tout autour de l’entreprise

Des réflexions et solutions qui sortent des centres d’études comme celui de Yunus de Dacca au Bangladesh, toutes, portent sur les actions d’entreprises. À l’image du groupe BASF, nul autre que lui ne pouvait apporter de meilleures solutions pour l’éradication du paludisme. Seule sa capacité à produire à grande échelle des moustiquaires pouvait admettre un coût d’achat abordable par les populations locales. Ainsi, en produisant des moustiquaires traitées chimiquement, le groupe participe davantage que les pouvoirs publics des pays émergents, à l’éradication du paludisme. Et à la différence d’une association, il y a un retour sur investissement. Les entreprises, évoluant sur des marchés concurrentiels, sont donc les mieux placées pour répondre aux enjeux d’un pays, car leur réponse est structurée et leur existence ne dépend pas de dons, comme les associations. Il s’agit d’exploiter l’efficacité des marchés du bas de la pyramide, et ce, à des fins sociales et environnementales.

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