Recycler le CO₂?

Le CO₂ est aujourd’hui connu comme le principal ennemi de la couche d’ozone. Sa principale caractéristique étant d’être un gaz à effet de serre produit en très grande quantité par les activités humaines. Les réflexions se tournent ainsi souvent, vers les moyens et processus permettant de réduire les émissions, mais pourquoi pas réduire les émissions tout en dépolluant ?

Des micros-algues à la place du pétrole

L’hégémonie du pétrole, on le sait, prendra fin d’ici quelques années, c’est pourquoi les initiatives de recherche sur les énergies alternatives se multiplient. L’on peut notamment saluer, deux récentes initiatives qui visent à convertir le CO₂ en bio carburant par le biais de micro-algues. La particularité de l’utilisation des algues dans le processus de transformation réside dans l’absence d’impact environnemental. En effet, les énergies provenant par exemple des éoliennes ou panneaux solaires sont certes « vertes », mais leur fabrication n’annule-t-elle pas leur impact positif ? Face à ces technologies, le fait d’utiliser des micros-algues a un double avantage. Premièrement, la culture de ses algues demande peu d’énergie. Deuxièmement, ces micros-algues absorbent une grande quantité de CO₂. Enfin, le biocarburant qui résulte du processus de transformation est lui, très peu polluant. Ce procédé ne vise donc pas seulement à réduire les émissions, mais également à diminuer l’excès de CO₂ déjà présent dans l’atmosphère. Il faudrait bien entendu que ce type de production soit réalisé à une échelle industrielle pour avoir un impact significatif, mais le fait est que la révolution énergétique est en cours. Mais la transition des modèles énergétiques fait face au problème de transition économique.

Vers le recyclage du CO₂

Ce projet innovateur et ambitieux de transformer le CO₂ en biocarburant s’incarne sous le nom de « projet GreenStars ». Un projet qui rassemble des acteurs publics et privés de la filière de valorisation des micros-algues. Ainsi, des plates-formes collaboratives se sont formées dans l’hexagone, et ce, suite à l’appel à projet d’investissement, lancé par l’Institut d’Excellence sur les énergies décarbonnées. L’objectif d’un tel projet est de développer des composés ayant une forte valeur ajoutée et utilisant les émissions produites par les activités humaines. On retiendra, le développement de bio carburant, mais sans que celui-ci ne soit le seul composé qui puisse être développé sur le principe des énergies décarbonnées. Ce sont donc 45 partenaires qui œuvrent dans le projet GreenStars, avec pour objectif de proposer d’ici 2020 des solutions énergétiques décarbonnées, qui puissent être exploitées à grande échelle. C’est en effet la condition des volumes, qui incitera les investissements et permettra la transition énergétique. Mais plusieurs questions restent sans réponses, des questions auxquelles il faudra trouver des réponses. Tout comme la percée des véhicules électriques pose la question de l’impact Carbonne lié à leur production, le projet GreenStars ne devrait pas se contenter de chercher et développer avec le seul objectif de créer des composants d’intérêt. Il s’agit en effet de proposer des modèles économiques viables pour inciter à l’investissement. Des modèles économiques qui induisent également des processus de production énergétiques qui ne polluent pas, et qui de plus dépolluent. Autrement dit, la route vers le recyclage du CO₂ est encore longue, mais pleine de promesses.