Le bénévolat de compétences

Le bénévolat de compétences permet à une entreprise de soutenir les actions bénévoles des salariés en dehors du temps de travail. Il peut prendre plusieurs formes et dans une époque de recherche de sens il tend à se généraliser. En dehors de son implication sociale, il améliore l’image de l’entreprise, et apporte plus d’efficacité aux associations.

Du bénévolat payant

Désormais tous les groupes ou grandes entreprises interviennent dans le bénévolat social. Que ce soit en soutenant les actions de leurs salariés, ou en œuvrant au travers de fondations. EDF, Air France, Kronenbourg, RATP, Safran, IBM, Nestlé, Orange, Vivendi Universel, Danone ; il serait plus simple de citer les entreprises qui se désintéressent du bénévolat de compétences que de celles qui y participent. Certaines fondations ne se contentent pas de soutenir des projets d’autres associations, elles vont jusqu’à lancer elles-mêmes des appels à projets. C’est le cas de SFR, Air France ou la Caisse des Dépôts.

Cet intérêt n’est pas un hasard. Les grandes entreprises ont une image écornée que les actions du bénévolat permettent de restaurer efficacement. Responsabilité sociale de l’entreprise, éthique, respect de l’environnement, ces nouveaux impératifs de valeurs et de sens conduisent tout naturellement les entreprises à développer le bénévolat de compétences. Congés solidaires, journées de solidarité, missions, collaboration avec des associations, et bien d’autres types d’actions sont nés du désir de l’entreprise de restaurer son image. Restauration efficace à l’extérieur puisqu’elles communiquent sur leurs actions, mais restauration également payante en interne, car les salariés sont eux aussi sensibles à ce nouveau rôle de leur employeur.

Du bénévolat efficace

Bien entendu, les associations sont les grands bénéficiaires directs du succès du bénévolat de compétences. Grâce au soutien des entreprises, elles obtiennent plus facilement les compétences et les bénévoles dont elles ont besoin pour leurs missions. En particulier, certains salariés d’entreprise ont des compétences pointues que les associations auraient du mal à trouver. Cette collaboration avec les entreprises les a contraints à se professionnaliser. La définition précise des missions et des moyens à mettre en œuvre est une véritable exigence quand on souhaite obtenir un partenariat avec une grande entreprise. Des structures intermédiaires, comme Passerelles et Compétences,  aident les associations à monter leurs dossiers.

Renforcées par l’apport des professionnels de l’entreprise, les associations peuvent organiser davantage de missions, qu’avec leurs seuls bénévoles. Ainsi lors de catastrophes, certaines entreprises souhaitant intervenir amènent les associations à organiser des opérations ad hoc. Ce fut le cas lors du tsunami ou Sanofi a soutenu un village, après avoir contacté Enfants du Monde pour la conception de ce projet. De plus, les relations entre les bénévoles internes et les professionnels extérieurs sont également bénéfiques. Outre le partage de compétences, ces contacts valorisent l’action même des bénévoles ainsi soutenus et remotivés.

Dans une époque de recherche de valeurs, le succès du bénévolat de compétences n’est pas une surprise. Il s’accompagne du développement de toutes les formes d’action de l’entreprise dans le champ du social : mécénat de compétences, insertion économique.