Le roseau, technologie verte reine du traitement des eaux

Le recours à des techniques d’assainissement vertes par filtres plantés remonte au débit des années 90. Il s’agit de disposer d’une alternative aux stations mécaniques. Idéal pour des projets à dimension réduite.

Une épuration à étages

Les systèmes d’épuration par filtres plantés de roseaux sont utilisés aussi bien pour les eaux pluviales que pour les écoulements de boue, ou encore les eaux usées. Ce ne sont pas les qualités des roseaux qui expliquent qu’ils soient ainsi mis à contribution. L’essentiel de l’assainissement est dû aux bactéries qui purifient les eaux rejetées. Et c’est principalement au niveau des racines des roseaux que l’activité bactérienne est la plus intense. Ainsi, les roseaux, grâce à leurs propriétés mécaniques, aident à l’infiltration des eaux vers les racines en ralentissant leur écoulement.
En général des dispositifs à deux étages sont préférés pour améliorer les performances d’épuration. Ces systèmes vont réduire davantage les taux d’azote et de phosphore des eaux traitées. Pour ce faire, un filtre supplémentaire est rajouté. Il contient des matériaux apatitiques qui sont des composés de phosphates et calcium. Pour de petites installations, un filtre à un seul étage est tout à fait indiqué. Ces stations assainissent par exemple les eaux d’un camping ou d’une petite commune. Ces filtres verticaux à un seul étage sont moins coûteux, et surtout leurs performances de traitement répondent aux exigences de la directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines. Des études sont en cours pour améliorer leur efficacité.

Le succès de l’épuration verte

Outre le traitement des eaux usées, la gestion des eaux pluviales par FPR, filtre planté de roseau, fait l’objet de nombreuses expérimentations. Le programme de recherche Segteup en conditions réelles se déroule à Lyon depuis 2009. Il a déjà démontré que les FPR étaient beaucoup plus performants que les séparateurs compacts utilisant les hydrocarbures. Pour le traitement des boues des stations d’épuration, les ingénieurs ont mis en place des LSPR, lits de séchage plantés de roseaux. Plus de 500 installations de ce type sont en service. Elles fonctionnent sur les mêmes principes que les FPR, mais traitent les boues en favorisant leur déshydratation par évaporation ou drainage. Ces LSPR font eux aussi l’objet d’amélioration progressive.
Enfin, nombreux sont les projets dans lesquels le traitement par roseaux s’ajoute à celui du traitement mécanique. Il s’agit d’apporter une touche verte à une station d’épuration classique. Ces ZRV, zones de rejet végétalisées, seraient déjà au nombre de 560. Concrètement, les ZRV ne participent pas au processus de traitement des eaux de la station. Elles récupèrent uniquement les eaux rejetées après leur assainissement. Ces zones sont en général, des prairies non surcreusées, des bassins surcreusés, ou encore des fossés drainants. Les ZRV sont utiles pour l’amélioration des qualités des eaux rejetées, mais également pour en contrôler l’écoulement, notamment en réduisant les volumes. Elles permettent également la création d’un biotope. Enfin, elles améliorent l’intégration du site au paysage. Ce sont tous ces arguments qui expliquent leur essor.