Pour une dynamique d’entrepreneuriat social en France

Le centre d’analyse stratégique présentait lors d’un colloque en mars dernier, ses propositions pour construire un environnement autour de l’entrepreneuriat social en France. Un colloque tenu en présence de Muhammad Yunus, père du business social.

Muhammad Yunnus

L’entrepreneuriat social au goût du jour

Le centre d’analyse stratégique (CAS) avait déjà organisé un séminaire où de nombreux acteurs étrangers et français étaient présents, pour débattre des questions autour de ce sujet dont l’intérêt est grandissant : l’entrepreneuriat social. Intitulé « L’entrepreneuriat social au service de l’innovation », ce séminaire avait mis l’accent sur le modèle français et ses spécificités. Ainsi, le colloque de mars 2012 a apporté des clés supplémentaires à l’entrepreneuriat social et des réponses stratégiques pour son développement. Le CAS, dont le thème tient à cœur, a donc mis en évidence la forte croissance de l’entrepreneuriat social durant ces deux dernières années et souligné le rôle important que les pouvoirs publics ont à jouer dans ce domaine. Il s’agit en effet de créer un environnement qui soit favorable à l’entrepreneuriat social, lui permettant un plus large développement et le passage à une plus grande échelle.

Dynamiser l’entrepreneuriat social

Les entreprises sociales doivent aujourd’hui relever de nombreux défis pour que leur impact soit significatif. Il s’agit désormais pour elles de changer d’échelle pour accroitre leurs retombées sociales. Et pour ce faire, les entreprises doivent améliorer leurs interactions avec l’économie « classique » tout en diversifiant leurs sources de financements, sans oublier de démontrer que la portée sociale de leurs engagements est réelle. Autrement dit, il n’est pas simple de mener à bien un projet d’entrepreneuriat social. Or, les entreprises sociales sont non seulement porteuses d’innovation, mais elles répondent également avec pertinence à des besoins de la société. Et c’est sans compter la durabilité des emplois qu’elles créent. En d’autres termes, l’entrepreneuriat social peut être un moteur de croissance durable et socialement responsable. Voilà pourquoi l’environnement dans lequel il évolue doit être simplifié, ou du moins, favoriser son développement. Et c’est dans cet objectif que le CAS a fait une série de propositions lors du colloque de mars dernier.

Les propositions du CAS

Parmi les propositions du CAS, l’on en retiendra cinq qui définissent globalement les directions à prendre, pour dynamiser l’entrepreneuriat social en France. Premièrement, l’hétérogénéité du secteur doit être mieux prise en compte afin de compléter les sources de financement public qui existent déjà. Il s’agirait donc de créer des dispositifs, tels qu’un fonds d’investissement social dédié à l’entrepreneuriat social, ou encore d’expérimenter un appel à projets dont le financement serait soumis à obligation d’impact social. Deuxièmement, il faudrait que les pouvoirs publics décident d’un assouplissement de l’éligibilité au dispositif d’accompagnement de l’innovation, pour que l’innovation en matière sociale puisse en bénéficier. En troisième proposition phare du CAS, il faudrait susciter des vocations. Cela pourrait se manifester par l’intégration de l’entrepreneuriat social dans l’accord-cadre entre le ministère de l’Éducation, l’enseignement supérieur et le MEDEF. Des vocations qui pourraient également être suscitées par des dispositifs de sensibilisation, qui existent déjà dans les collèges et les lycées. La quatrième proposition du CAS est d’élargir le dispositif local d’accompagnement à toute entreprise à caractère social. Enfin, dans sa cinquième et dernière proposition phare, le CAS souligne l’importance de développer une plateforme recueillant des données et facilitant l’accompagnement.