Responsabilité sociale et droits humains

L’on considère trop souvent que les droits de l’homme et les responsabilités sociales sont l’affaire de l’État et des citoyens. Une considération culturelle que l’on tient de la philosophie des lumières, mais qui s’avère incomplète. En effet, les entreprises ont une responsabilité importante en ce qui concerne le respect des droits de l’homme, une responsabilité qui s’avère d’ailleurs grandissante.

M. John Ruggie

Les responsabilités des entreprises

La responsabilité sociale des entreprises, ainsi que leur rôle dans le respect des droits de l’homme, sont fortement mis en avant dans les travaux de John Ruggie, représentant spécial de l’ONU. Une responsabilité qui s’avère grandissante, dépassant les frontières naturelles des entreprises. Les initiatives pour responsabiliser ces dernières se font de plus en plus courantes, à l’image du décret d’application de la loi Grenelle 2 qui apportera plus de transparence sur les activités des entreprises et leurs méthodes de travail. Il s’avère en effet que le périmètre de responsabilité des entreprises s’étend à leur sphère d’influence, et qu’elles ont donc une responsabilité sociale plus importante qu’il n’y paraît. Ainsi, les grands partons se doivent désormais de considérer la portée de leur influence sur leurs fournisseurs, partenaires et sous-traitants, ces derniers étant d’une certaine façon, dépendants. Et cela s’observe dans les pays lointains tout autant que sur le territoire national.

Toutes les entreprises sont concernées

Il serait facile de faire le rapport entre l’exploitation abusive de la main-d’œuvre des pays sous-développés et la préoccupation grandissante du respect des droits de l’homme, mais il s’avère que les pays occidentaux sont également concernés. Ce sont d’ailleurs les entreprises européennes qui sont les plus sensibles au respect des droits de l’homme, et qui sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience du rôle qu’elles ont à jouer. Un rôle social qui se joue aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger, car bon nombre d’entreprises y possèdent des filiales. Mais ces entreprises consciencieuses sont encore trop peu nombreuses, preuve en est de la médiatisation des dérives de certains grands groupes, qui pratiquent des politiques pour le moins esclavagistes. Et pour ne pas ternir leurs images, ces entreprises consacrent leurs efforts dans la communication, faisant valoir leurs bonnes pratiques et leurs préoccupations sociales. Mais cela reste de la communication, car dans la réalité, le respect des droits de l’homme passe trop souvent au second plan.

Vers plus de transparence

Pour satisfaire concrètement le besoin de respect des droits de l’homme, les entreprises ne peuvent plus se contenter de communiquer. Elles doivent dorénavant prouver leur volonté à faire respecter les droits de l’homme. Et pour ce faire, elles doivent offrir de la transparence. En effet, le respect des droits de l’homme dans l’univers de l’entreprise passe par la prévention du risque, et par l’anticipation des incidences commerciales sur les travailleurs et acteurs concernés. Ainsi, pour garantir un respect véritable, les entreprises doivent accepter de mettre en place des dispositifs d’audit périodique. La méthodologie d’audit proposée par Mazars représente d’ailleurs une solution efficace pour conformer les entreprises au respect des droits de l’homme. L’audit se caractériserait ainsi par l’émission de rapports issus d’une entité indépendante, et la réalisation d’un rapport assurant la véracité des informations fournies par l’entreprise.

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