Quand démocratie et écologie entretiennent un cercle vertueux

Alors que la Birmanie entame une phase d’expansion économique sans précédent, les écologistes du pays, jusqu’alors absents du paysage, commencent à être entendus. Il dénonce la corruption, issue de l’ancien régime militaire, qui règne à la tête du pays. Mais les avancées écologiques des derniers mois, bien qu’elles soient minimes, ont ouvert la voie à une nouvelle démocratie écologique.

Le président birman, Thein Sein

Les écologistes se font entendre

Depuis plusieurs années déjà, les écologistes de Birmanie s’organisent activement. Avec persévérance, ils ont réussi à créer une dynamique de changement visant à lutter contre la corruption de l’État. Une corruption qui selon eux, est alimentée par l’influence de la Chine, principal exploitant forestier exerçant sur le territoire birman. Ainsi, depuis plusieurs années, les écologistes ont remporté des victoires, mais aucune n’a été aussi grande que l’abandon du projet de barrage chinois sur l’Irrawaddy. Monsieur Thein Sein, le nouveau président birman a en effet déclaré en septembre 2011 dernier, vouloir écouter le peuple, en suspendant ce projet. Une avancée à la fois pour la démocratie, car le gouvernement n’avait jamais accepté de revendications de militants par le passé, mais aussi et surtout pour les écologistes, à qui profite la suspension du projet. Une avancée que les écologistes doivent notamment à Aung San Suu Kyi, figure emblématique du mouvement démocratique dont la rencontre avec le nouveau président, s’est suivie de cette suspension du projet de barrage chinois.

Thein Sein et l’écologie

Le nouveau président de Birmanie a vraisemblablement entendu les arguments de Aung San Suu Kyi, qui rappelons-le, avait pour priorité de mettre un terme à ce projet de barrage. Mais si le président Thein Sein a récompensé le plaidoyer de Aung San Suu Kyi et le mouvement des écologistes, sa décision représente davantage une rebiffe envers la Chine qu’une réelle volonté écologique. Toujours est-il qu’un grand pas en avant a été accompli, et les écologistes disposent désormais d’une visibilité plus importante. Win Myo Thu, un parlementaire et écologiste connu, notamment pour son franc-parler, a d’ailleurs affirmé que la décision du président Thein Sein pourrait bien donner une nouvelle tournure à la démocratie et à l’écologie. Selon lui, de nombreuses démarches ont été entamées en faveur de l’écologie, au sein des instances administratives les plus hautes, et au niveau du parlement. Des démarches insufflées par la forte croissance économique du pays, mais considérant désormais l’environnement, notamment par une vision économique.

Le chantier des écologistes

Un chemin vers une démocratie écologique a certes été ouvert, mais les écologistes savent qu’ils devront être patients pour voir de réels changements. La corruption est d’ailleurs le principal problème au niveau politique, et elle devra être éradiquée pour que cette route vers la démocratie écologique puisse être pavée. Win Myo Thu a d’ailleurs insisté sur l’importance de lutter contre la cupidité des exploitants forestiers et des entreprises d’extraction. Ce sont eux qui polluent les eaux et qui rasent l’équivalent de 75 terrains de football toutes les heures. En outre, la Birmanie est l’un des pays qui contribue le plus au réchauffement climatique, du fait de la déforestation intensive. Et comme la démographie croissante contribue à la déforestation et à la pollution, un chantier gigantesque attend les écologistes. Ces derniers le savent, il faudra être patients et ne pas baisser les bras.