À quelles conditions le bio a-t-il un avenir en France ?

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Les Français aiment le bio, et même en temps de crise, la production et la consommation continuent de progresser. Cependant, les efforts menés jusqu’ici ne permettront pas d’atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement fin 2012, et les produits locaux restent trop peu compétitifs comparés aux produits importés.

La France ne produit pas assez et le bio coûte trop cher

La demande en produit bio ne cesse d’augmenter en France, cependant ce sont les produits importés qui se vendent le mieux. Le bio n’est pas une tendance exclusivement française, car tous les pays s’y mettent. Ces derniers arrivent à produire du bio à moindre coût, ce qui a forcément une répercussion sur le prix final. Ainsi, les produits bio français restent trop chers pour la majorité des consommateurs qui, pourtant, achètent davantage bio. Pour répondre à cette demande croissante, la France a mis en place plusieurs dispositifs d’aide pour inciter les agriculteurs à se convertir à la production de produits bio, mais cela ne suffit visiblement pas à réduire le déséquilibre qui existe entre l’offre et la demande. Les politiques agricoles sont mises en cause dans cette incapacité du secteur à être productif, car elles demeurent plus favorables à l’agriculture conventionnelle.

Un manque de soutien à l’agriculture bio

Le Grenelle de l’environnement a pour objectif de convertir 6 % des surfaces agricoles utiles (SAU) en surfaces agricoles biologiques d’ici fin 2012, et 20 % d’ici 2020. Pour cela, des dispositifs d’aide ont été mis en place tels que le crédit d’impôt pour les exploitations biologiques et le dispositif d’aide à la conversion. Ainsi, déjà plus de 700 000 hectares de SAU ont déjà été convertis. Mais la conversion prend du temps et durant cette période, les produits ne peuvent pas être vendus comme bio. La grande distribution a donc dû augmenter ses importations pour répondre à la demande en produits bio.  Cette agriculture a besoin d’être plus productive, or, les politiques agricoles favorisent l’agriculture conventionnelle. Tout d’abord, la PAC aide le développement de grandes exploitations spécialisées alors que l’agriculture biologique a besoin de rotation des cultures. Ensuite, cultiver du bio nécessite plus de main-d’œuvre alors que cette dernière est lourdement taxée. Les politiques devraient donc être revues et les initiatives locales pourraient être un atout pour l’avenir du bio.

Développer la filière bio au niveau local

Pour être plus productives et fournir des produits bio moins chers que les produits importés, les initiatives locales devraient davantage être développées. Sans compter qu’un produit bio n’a pas vocation à faire le tour de la planète pour trouver un acheteur, le jeu de la proximité a l’avantage de réduire les coûts de transport. Ainsi, on observe que la vente directe permet aux produits bio français d’être accessibles, bien qu’ils ne soient pas issus d’une production de masse. Un autre facteur important est celui du respect des saisons, qui permet également de trouver des produits locaux moins chers. Ainsi, les coopératives agricoles bio sont indispensables à la structuration des filières au niveau local, et c’est sur le développement de ces structures que repose l’avenir du bio. Les collectivités territoriales peuvent aussi apporter leur soutien en assouplissant le contexte défavorable, ce qui permettra aux régions de se développer sans attendre que les politiques agricoles changent.