Agressions, incivilités : la sécurité des médecins en péril ?

De nos jours, la profession de médecin est accablée par une insécurité grandissante. En effet, dans le cadre de leur activité, les médecins sont de plus en plus nombreux à subir des agressions, et le ministère de la Santé ainsi que le Conseil de l’ordre des médecins devraient signer un accord afin de surveiller les cabinets médicaux.

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Les médecins en danger

Les médecins font face depuis trop longtemps déjà à des situations mettant leur sécurité en péril. Aussi ces derniers attendent avec impatience, l’application des mesures annoncées par le ministère de la Santé et l’ordre des médecins. En effet, bien que les agressions physiques aient légèrement reculé en 2010, les agressions verbales et les menaces sont quant à elles en nette augmentation. Ainsi, l’observatoire de la sécurité des médecins a recensé 920 actes de violence en 2010, ce qui porte le taux d’agression à un niveau qui n’avait jusqu’alors, jamais était atteint. De quoi interpeler le ministère de la Santé qui envisage donc de prendre des mesures destinées à protéger les médecins dans le cadre de leur exercice. En effet, des zones de non-droit aux soins commencent à apparaitre, et c’est une situation que Michel Legmann, président du conseil de l’ordre des médecins qualifie d’intolérable. Raison pour laquelle, il est urgent de réagir.

Les généralistes, principales victimes

Depuis 2002, que l’observatoire de la sécurité du Cnom (conseil national de l’ordre des médecins) a été créé, le nombre d’agressions par rapport au nombre de médecins n’a cessé d’augmenter. Les généralistes sont les plus touchés. Cela peut être dû à un refus de prescrire une ordonnance, ou venir du simple fait que la carte vitale du patient ne soit pas à jour, ou encore d’une trop longue attente, mais cela ne justifie pas l’incivilité de certains patients. Pourtant, le nombre de dépôts de plaintes est en baisse, et ce, par crainte présumée de représailles, mais aussi par manque de temps de la part des médecins. Ainsi, le taux d’agression, qui en dit déjà long sur le manque de sécurité dans la profession, n’est pas révélateur de la réalité du quotidien des médecins, beaucoup plus exposés qu’il n’y parait, notamment les généralistes. De plus, on observe également une concentration des agressions dans certaines régions ou certains quartiers notamment en Seine-Saint-Denis, et dans les Hautes-Pyrénées.

Surveillances des cabinets médicaux

Pour faire face à la recrudescence des agressions envers les médecins, il sera désormais question de surveiller les cabinets médicaux, pour dissuader les éventuelles représailles en cas de litige entre le patient et le médecin, mais aussi pour responsabiliser les patients dans leurs actes. Bon nombre d’entre eux manquent en effet d’éducation, et s’emportent en pensant qu’ils ont tous les droits, alors que les médecins ne font que mener leur travail à bien. Ainsi, des caméras de surveillance pourraient bien apparaitre aux abords de plusieurs cabinets, notamment en Seine-Saint-Denis, où le préfet aura la charge de recenser les points d’insécurité afin d’adapter les moyens de prévention. Ces moyens peuvent donc se traduire par de la vidéosurveillance, mais aussi par des formations apprenant aux médecins à désamorcer un conflit, ou encore par un numéro d’appel secours dédié aux médecins. Quoi qu’il en soit, le ministère est désormais déterminé à protéger les médecins dans le cadre de leur exercice.