L’emploi des personnes handicapées en question

En novembre dernier se tenait la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées (SEPH). L’occasion de revenir sur le chemin accompli depuis la première édition de cet événement.

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La glace a été brisée

L’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (ADAP) tente de briser la glace entre le monde professionnel et celui du handicap depuis 15 ans. La dernière SEPH fut l’occasion de constater le chemin parcouru. Et le résultat est positif, car 2500 entreprises étaient présentes lors de cette SEPH, alors que cinq ans auparavant, cet événement passait totalement inaperçu. Le premier slogan de la SEPH étant « Brisons la glace », on peut aujourd’hui dire que l’objectif principal a été atteint, bien qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. En effet, beaucoup d’entreprises ne sont toujours pas sensibles à l’emploi des personnes handicapées, et ce, malgré la loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées, du 11 février 2005. Cette loi, par des contraintes financières, oblige les entreprises à porter leur quota d’employés handicapés à 6 %. Mais force est de constater que cela ne suffit pas, même si les entreprises sont plus impliquées qu’auparavant.

Les entreprises s’impliquent

La loi du 11 février 2005 fut un tournant décisif pour le monde du handicap, car depuis l’introduction de cette dernière, les entreprises ont été plus enclines à embaucher des personnes handicapées. Durant le colloque d’ouverture de la dernière SEPH, le Secrétaire d’État auprès du ministre de la Solidarité du moment a ainsi constaté que l’enveloppe des contributions des entreprises qui ne respectent pas les exigences de la loi du 11 février 2005 a fortement diminué depuis ces dernières années. Cette enveloppe qui regroupe les contraintes financières imposées aux entreprises n’atteignant pas les 6 % de travailleurs handicapés est en effet passée de 613 millions d’euros en 2007, à 476 millions en 2011. Ainsi,  49 % des entreprises  atteignent désormais ce quota. Nombreuses sont celles qui ont recruté et ont su conserver les emplois créés. Cependant, il reste toujours 18 % des entreprises qui n’ont pas engagé d’actions en faveur de l’emploi des personnes handicapées. Ainsi, les efforts de l’Agefiph se concentreront sur ces entreprises en 2012.

La crise va changer les priorités

Les contraintes budgétaires amenées par la crise ont forcé l’Agefiph à revoir ses priorités. Ainsi, les 18 % d’entreprise ayant encore un « quota zéro » feront l’objet d’une attention toute particulière. Ces dernières, si elles n’engagent pas rapidement des actions en faveur du recrutement de personnes handicapées verront leur contribution financière tripler. Ainsi, l’implication des entreprises devrait être plus significative, cette augmentation des contraintes financières ayant pour but de créer le même effet que la loi du 11 février 2005. L’Agefiph compte donc se concentrer durant cette année 2012 sur des publics considérés comme prioritaires. Les aides accordées aux entreprises atteignant le quota de 6 % ne seront d’ailleurs plus attribuées de manière systématique, mais seront prescrites par des structures comme Sameth ou Cap emploi. D’autre part, l’Agefiph a également annoncé durant la dernière SEPH que son premier poste budgétaire (29 %) sera consacré à la formation, aux contrats d’apprentissage et aux contrats de professionnalisation.