Nouvelles techniques de dépollution: zoom sur les enjeux liés à nos déchets

S’il est important de rechercher et développer des solutions énergétiques propres et durables à mettre en place dans un futur proche, il apparaît également primordial de faire face, sur le moment présent, aux problèmes posés par des années de négligence environnementale. La question de la surproduction des déchets en est un exemple plus qu’éloquent.

Des déchets par continents 

Une plaque de 20 milliards de tonnes de déchets faisant la taille de la France, à la dérive dans le Pacifique Nord, un cauchemar de science-fiction ? Non, une réalité (bien qu’aucune vidéo ni photo de cette « île » ne circule) qui pose un problème écologique majeur pour la faune et la flore des océans, bien sûr, mais qui soulève également la délicate question de notre propre santé, à court terme. Que faire d’une eau saturée par des milliards de tonnes de plastique en « décomposition » ? Quelles sont ses possibilités de dessalement sans dangers pour notre organisme ? Comment une telle catastrophe, qui s’ajoute aux milliers de tonnes de déchets charriés par les océans en permanence (comme en témoigne l’arrivée récente, sur les côtes Canadiennes, des déchets liés au tsunami au Japon, en mars 2011), pourrait-elle être sinon endiguée, du moins, traitée pour ne pas qu’elle s’aggrave ?

Une telle configuration rappelle la non-gestion des déchets par les entreprises d’un côté et les gouvernements en amont, et ce depuis des décennies. De récents rapports, comme celui de la Cour des Comptes, pointent des progrès significatifs mais non suffisants en France. En Europe, ce sont même certaines mafias, comme la Camorra en Italie et dans les pays de l’est, qui « gèrent » les déchets en les enfouissant sauvagement, les revendant ou les mélangeant dans un business qui rapporte plus que le trafic de drogue. C’est dire le point auquel le secteur écologique est prometteur!

D’une manière plus concrète et durable toutefois, des entreprises travaillent à développer des solutions  adaptées aux différents problèmes soulevés par nos déchets. Par exemple, SARP, le programme de Veolia de traitement des déchets industriels dangereux et spéciaux propose une prise en charge respectueuse de l’environnement totale des dits déchets. Avant de songer à ce qui pourrait nous être évité dans les prochaines décennies, l’urgence d’une situation devenue exponentielle à force de non-gestion demande des innovations fiables et adaptées.

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Vers une couverture complète de la chaîne de valorisation des déchets 

L’activité environnementale de CNIM, qui représentait plus de la moitié de son CA en 2010, repose sur trois axes interdépendants et complémentaires : la valorisation des déchets, l’exploitation de l’énergie que la valorisation produit et enfin l’épuration des fumées produites par la première étape. L’entreprise historique, dont les racines remontent à 1856, fonde sa politique de R&D sur l’anticipation des besoins énergétiques et environnementaux à moyen et long termes. C’est peut-être cette attitude prospective qui a permis à l’entreprise de faire partie des précurseurs de la « vague verte » qui a donné naissance au concept d’écologie industrielle tel qu’on le connaît aujourd’hui, à savoir dans son approche systémique. En matière de valorisation des déchets et d’épuration des fumées, CNIM propose donc des solutions intégrées et clés en mains, prenant en charge la conception, la construction, la maintenance et l’exploitation des centrales comme l’illustrent celles, par exemple, de Lannion, Toulon ou Launay Lantic en France, et de Londres Sud-Est, Dudley et Wolverhamton au Royaume-Uni. Des centres auquel s’ajoutera bientôt celui de Bakou, en Azerbaïdjan, en cours de réalisation.

Le groupe se pose ainsi en spécialiste européen de la valorisation énergétique avec près de 20 millions de tonnes de déchets traités par an, par 143 usines de traitement et 246 lignes de traitement. Ses implantations dans des villes depuis Moscou jusqu’à Bordeaux soulignent l’adaptabilité des solutions industrielles qui allient ingénierie et mécanique (comme le montre la grille à recul Martin, procédé le plus éprouvé et le plus performant qui sert à brasser et brûler les déchets). Tel un alchimiste des temps moderne, le groupe CNIM transforme ainsi – non pas le plomb en or, mais les déchets en énergie, comme pour mieux boucler la boucle d’une des grandes questions environnementales actuelles liées à la production d’énergie propre dans les prochaines années. Les villes occidentales sont en effet de plus en plus nombreuses à exploiter la combustion de leurs déchets pour s’éclairer ou pour se chauffer. Pour répondre à ces besoins écologiques croissants, CNIM conçoit et fabrique des chaudières à haut rendement thermique et des fours-chaudières qui permettent d’éviter les déperditions d’énergie lors de la combustion des déchets. C’est l’énergie produite par cette même combustion qui peut être valorisée sous forme de chaleur destinée à alimenter les réseaux (particuliers et industriels).

Vient ensuite la délicate problématique des fumées. Brûler des déchets pour les éliminer et les transformer en énergie, c’est bien. Mais quid des fumées produites par ces combustions: fumées chargées de dioxines, gaz carbonique, métaux lourds et autres oxydes d’azote ? C’est la filiale du groupe, LAB, qui existe depuis 1943, qui assure la conception, la construction, l’installation, la mise en service et la maintenance de systèmes d’épuration des fumées sur les centres de valorisation des déchets et de biomasse. Premier acteur européen du secteur, LAB a notamment réalisé 365 lignes de traitement des fumées et permet ainsi de limiter l’émission de composés polluants dans l’atmosphère, y compris de la part des entreprises industrielles.  Non contente de la bonne cinquantaine de brevets qu’elle revendique à son actif, la filiale LAB s’enorgueillit accessoirement d’être aussi le premier acteur européen à maîtriser l’ensemble des procédés d’épuration énumérés par le référentiel européen « BATbest available technologies« .

Une politique publique devenue indispensable

Selon l’ADEME, des efforts manifestes ont été réalisés par les industriels puisque la part des emballages dans nos déchets est passée de 39% en 1993 à 32% aujourd’hui. Mais chaque Français produit encore en moyenne 390 kg de déchets par an. Parmi ceux-ci, plus de la moitié est constituée de déchets organiques ou non-recyclables. Une bonne raison supplémentaire de poursuivre le développement de ces technologies de gestion des déchets, pour l’Agence Nationale de la Recherche qui consacrait récemment un colloque à « l’évaluation des technologies propres et durables de gestion des déchets » (CleanWast). L’ANR rappelait, en outre, que « ce domaine se heurte à la complexité des systèmes de gestion des déchets et de l’évaluation de leur intérêt environnemental, du fait des nombreuses interactions avec le système industriel, agricole et économique dans lequel elles s’insèrent. » Aux pouvoirs publics, désormais, de coordonner une véritable politique publique à l’échelle du pays, afin que la valorisation de nos déchets ne se limite plus à un lot d’initiatives isolées d’élus à la conscience écologique prononcée.