Hydrates de méthane, la prochaine révolution énergétique ?

À l’heure où les sources d’énergies fossiles, comme le pétrole, s’épuisent lentement mais sûrement, l’hydrate de méthane se présente comme alternative prometteuse. L’hydrate de méthane est un terme nouveau qui désigne en fait un gaz découvert en 1996. A cette date, c’est le navire Sonne qui a, pour la première fois, extrait des fonds marins de l’océan Pacifique une demi-tonne de glace renfermant de l’hydrate de méthane.

Photo par Wusel007

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L’hydrate de méthane : c’est quoi ?

Pour mieux comprendre l’étendue des atouts de l’hydrate de méthane, il faut expliquer comment il agit et réagit. D’abord, ce composé est formé d’une cage de glace, à l’échelle moléculaire, qui peut contenir du méthane appelé clathrate, ou du sulfure d’hydrogène. Plus précisément, les scientifiques ont découvert que l’hydrate de méthane se compose de molécules d’eau qui regroupent des cages à douze faces régulières. Les cages en question peuvent contenir une quantité phénoménale de gaz, 1 cm3 d’hydrate de méthane renferme 164 cm3 de méthane. Les scientifiques pensent aussi que le clathrate provient d’une décomposition organique des matières voisines du pétrole ou du gaz naturel.

 À quel endroit trouve-t-on de l’hydrate de méthane ?

Les hydrates de méthanes ne sont pas aussi faciles à trouver que le pétrole, le charbon ou le gaz naturel. Il se niche dans le milieu océanique, généralement sur les talus continentaux, dans les pergélisols ou permafrosts et dans les fonds marins des régions polaires. Les hydrates de méthanes sont abondants dans les endroits qui favorisent l’accumulation du méthane, autrement dit dans des zones qui stockent une quantité importante de matières organiques océaniques. C’est d’ailleurs pour cela qu’on trouve davantage d’hydrates de méthanes dans les talus continentaux. Les pergélisols sont aussi propices aux glaces de méthanes parce qu’ils forment une couche de sol gelé en permanence.

Les caractéristiques des hydrates de méthanes

Laissé à l’air libre, l’hydrate de méthane libère du méthane combustible. La glace de méthane consumée ne laisse alors qu’une flaque d’eau. Le fait que la glace de méthane possède des propriétés permettant de piéger une grande quantité de méthane sous sa forme liquide, offre ainsi une solution pratique et économique pour le transport du méthane. Cependant, le transport du méthane est contraignant et doit respecter un certain nombre de règles. Par exemple, il peut être transporté à une température de -162°C sous sa forme liquide ou à seulement -20°C sous sa forme solide. Par contre, il n’est pas utile de construire des pipelines ou des gazoducs, qui nécessitent d’énormes travaux et beaucoup d’énergie, pour transporter l’hydrate de méthane. Le transport de la glace peut se faire par voie maritime.

Les hydrates de méthanes et le Japon

Tout porte à croire que l’hydrate de méthane sera demain l’un des hydrocarbures le plus recherchés. Le Japon mise beaucoup sur ce gaz non conventionnel. Il faut dire que ce pays se trouve aujourd’hui dans une position délicate au niveau énergétique. Après la catastrophe survenue à Fukushima, le gouvernement nippon a dû se résoudre à fermer 96% de ses centrales nucléaires, qui fournissaient jusque-là à peu près le tiers de sa production énergétique.  Depuis, Tokyo a été obligé d’importer 95% de son énergie. Ce sont les deux principales raisons qui poussent le Japon à se tourner vers l’hydrate de méthane. Selon une étude les fonds marins du pays abriteraient l’équivalent de douze ans de consommation en gaz naturel.

L’état actuel de l’exploitation des hydrates de méthane

Les hydrates de méthane pourraient changer la donne en matière d’énergie, mais leur exploitation s’avère toutefois encore trop onéreuse et périlleuse. Pour l’heure, les scientifiques n’ont pas encore trouvé le matériel adapté ni la technologie adéquate pour extraire l’hydrate de méthane. Souvent concentrée à proximité des exploitations du gaz naturel, cette ressource a fréquemment été dispersée par l’activité humaine, rendant sa récolte plus compliquée. Une complexité encore accentuée par le fait que l’hydrate de méthane est formé de molécules d’eau et de méthane, un mélange difficile à manipuler.