La finance solidaire se popularise

Avec un chiffre d’affaires global de 879 millions d’euros en 2011 et un taux de croissance de 35 % par rapport à l’année précédente, la finance solidaire demeure en très bonne voie en France. Solution plébiscitée pour faire face à la crise financière, cet ensemble d’institutions intervient dans divers domaines pour l’économie solidaire.

Dollar pileLe principe de la finance solidaire
La finance solidaire fonctionne selon le principe de l’économie solidaire. Elle regroupe des associations, des mutuelles, des coopératives, des syndicats et des fondations dont l’objectif principal est d’octroyer des prêts ou d’investir en capital dans des structures financières axées entre autres sur le logement social, l’emploi, l’aide aux pays du Tiers-monde, etc. Les financements sont ingérés dans des projets porteurs de développement économique durable. Certaines institutions aident par ailleurs les personnes en difficulté financière et qui n’ont plus accès aux emprunts bancaires classiques. Les prêts attribués via la finance solidaire relèvent alors de l’épargne des membres d’une structure qui souhaitent faire fructifier leurs économies autrement. En empruntant les fonds placés dans la finance solidaire, les débiteurs bénéficient d’un taux d’intérêt intéressant par rapport à ceux appliqués par les prêteurs traditionnels, comme les banques ou les entreprises de micro-crédit. Également génératrice de liens sociaux, la finance solidaire permet aux épargnants plus aisés de s’imprégner du mode de vie des prêteurs dépourvus de moyens financiers. Apparue peu après 1980 en France, la finance solidaire était en premier lieu l’apanage de groupes de personnes qui souhaitaient gérer eux-mêmes leur épargne en la plaçant dans la création d’entreprises. S’ensuivaient les associations en partenariat avec les banques et les participations actives dans le financement des micros entreprises. D’autres structures s’étaient associées par la suite aux entreprises financées outre l’apport en capital.

Les placements labellisés Finansol
Comme tout autre système financier, les finances solidaires peuvent se distinguer par une marque spécifique. Le label Finansol, diminutif de Finance Solidaire est distribué depuis 1997 par une association promotrice du secteur, créée en 1995. Pour figurer sur sa liste, les placements, les épargnants ou les associations, syndicats et coopératives doivent répondre à tous les critères propres à la subvention solidaire. Ces critères sont notamment basés sur la valeur en pourcentage du solde comptable d’un compte d’épargne (encours) et les revenus de l’épargne. Au moins 5 % de l’encours d’épargne doit servir à sponsoriser une activité solidaire dans l’un des domaines de l’emploi, de la solidarité internationale, dans le secteur du logement et de l’environnement. En ce qui concerne le revenu de l’épargne, au moins 25 % de sa valeur doivent être régulièrement versés au sein d’organismes solidaires, en l’occurrence des associations, les fondations, des syndicats ou des organisations non gouvernementales. Les versements seront effectués par les épargnants selon une fréquence prédéfinie, annuelle ou mensuelle. Chaque organisme en charge de la gestion de l’épargne solidaire est tenu d’informer les épargnants sur toutes ces conditions au moment même de leur souscription. L’organisme qui souhaite être labellisé doit adresser une demande écrite à Finansol. Des experts indépendants et des gestionnaires spécialisés dans les finances solidaires examinent le dossier ainsi parvenu.

Quelles sont les conditions d’octroi d’un prêt solidaire pour un projet ?
L’évaluation d’une demande de prêt de la part d’une entreprise pour le financement d’un projet quelconque porte sur les valeurs économiques et éthiques de la société. Les appréciations sont en premier lieu basées sur les comptes de l’entreprise incluant le prévisionnel à long terme, ses capacités de remboursement ainsi que son rendement de caisse. Mais l’obtention d’un financement solidaire dépend également du fondement même de la société, de ses valeurs sociales et environnementales. Les experts évaluent ainsi la liberté d’opinion au sein de l’entreprise, la transparence sur les affaires et les dépenses, l’égalité de traitement pour chaque employé, le respect de la nature, la qualité du produit à promouvoir dans le contexte social et le respect des conditions de travail. Ainsi, le capital économique de l’entreprise n’est pas la seule condition d’obtention du prêt. Le capital social joue un rôle majeur dans l’acceptation de la demande. Ce capital social correspond à la capacité de l’entreprise à impliquer d’autres personnes, outre que ses employés, à participer au projet. Pour entreprendre ces évaluations sociales, le financement solidaire fait appel au service de bénévoles qui sont titulaires d’un savoir-faire spécifique après avoir suivi une série de formations dans la région où se situe l’entreprise. Ces derniers sont regroupés sur une liste officielle que les prêteurs sont autorisés à consulter. D’autres associations œuvrant pour la finance solidaire ont recours aux services des chargés de crédit qui évaluent simultanément l’état financier de l’entreprise et ses valeurs éthiques.