Pesticides : le lien avec le diabète se précise

Aujourd’hui, certaines origines de l’apparition du diabète chez l’homme sont connues et identifiées. Ce fait n’empêche cependant pas les chercheurs, les médecins et les scientifiques d’explorer de nouvelles pistes pour apporter plus de lumière sur le développement de cette maladie. C’est ainsi que des études ont été réalisées ces dernières années en vue de savoir si d’éventuels liens existent entre les pesticides et le diabète. Les premiers retours de ces recherches laissent alors penser que l’impact de certains types de ces produits chimiques est effectivement important dans l’organisme, et cela constituerait une source du développement de la maladie.

PesticideCorrélation établie entre DDT et diabète

En 2009, une étude particulièrement riche en enseignement a été réalisée aux États-Unis. Publiés par Environmental Health News, les résultats de celle-ci ont d’ores et déjà permis aux chercheurs de mettre en évidence l’existence d’un lien entre un pesticide et le diabète. Depuis les années 1990, une équipe de scientifiques a ainsi mené des recherches auprès de 500 individus, dans la zone des Grands Lacs. Une grande partie de ces personnes sont des pêcheurs et s’alimentent quotidiennement des ressources de cette activité. Au terme de leurs études, un constat particulier a été remarqué : plus le taux de DDE dans le sang est élevé chez les individus approchés, plus le risque de diabète est présent.

Le DDE, un agent produit par le corps humain à cause du DDT

Le DDE, agent spécifique qui a pour non chimique dichlorodiphényldichloroéthylène, n’est autre qu’une production effectuée par le corps humain lorsque celui-ci est soumis à une exposition au DDT, un pesticide. La population étudiée a été confrontée à cet insecticide, car ce dernier est généralement présent dans certains poissons. À la vue des conclusions de ses recherches, l’équipe de scientifiques a donc confirmé qu’une des causes de la survenue du diabète est liée à l’environnement, et plus précisément au DDT. Ce pesticide est cependant interdit depuis les années 1970 dans les pays développés, dont les États-Unis. Mais les précisions des chercheurs à l’issue de ces enquêtes tendent à affirmer que l’exposition de la population américaine au DDT est toujours effective, comme le reflète le taux de DDE remarqué chez la plupart des individus.

Lien entre diabète, pesticides et polluants organiques persistants

Sous d’autres cieux, de nouvelles études ont également été entreprises et leurs conclusions permettent même d’avoir davantage de renseignements quant à cette présomption de liens entre diabète et pesticides. Cette fois, c’est sur un ensemble de 725 Suédois, des personnes âgées et non diabétiques, que le docteur Duk-Hee Lee et son équipe ont effectué leurs analyses. Pendant 5 ans, ce chercheur de l’Université de Daegu en Corée du Sud, a réalisé ses recherches en prélevant des échantillons sanguins afin de constater leur teneur en pesticides et en PCB, un polluant organique persistant ou POP.

Des résultats significatifs mettant en cause le PCB et les pesticides

Au terme de ses observations, l’équipe de chercheurs a remarqué que 36 des individus étudiés ont présenté un diabète de type 2. Par ailleurs, la moitié de ceux qui sont affectés par la maladie ne sont pas au courant. Afin d’obtenir des conclusions plus précises, de nombreux autres phénomènes éventuellement liés à l’apparition du diabète ont été pris en compte par l’équipe scientifique : tabagisme, surpoids ou autre insuffisance d’activités sportives. De fait, d’après les analyses réalisées, les chercheurs en ont conclu que les individus présentant une importante concentration de PCB ont 9 fois plus de risque de développer la maladie par rapport à ceux dont les échantillons sanguins présentent une faible teneur.

Des hypothèses, à défaut de preuves tangibles

En Espagne, le même type d’analyse a également été effectué sur un groupe de 386 patients, et les observations confirment encore les conclusions déjà apportées auparavant. Peu importe le genre, le poids ou le sexe des individus, une forte teneur en DDE dans le sang équivaut à un risque 4 fois plus élevé de développer un diabète de type 2. En revanche, sur les personnes en surpoids, un autre insecticide, le lindane, pourrait davantage augmenter ce risque. Et malgré ces expériences successives réalisées par toutes ces équipes de scientifiques, seul le lien entre ces nombreux pesticides et le diabète a été constaté. Aujourd’hui, les chercheurs ne connaissent pas encore les véritables mécanismes physiologiques de l’organisme. Toutefois, certains chercheurs considèrent que les pesticides, lorsqu’ils viennent activer les récepteurs aux œstrogènes, déclenchent une réaction immunitaire de l’organisme à l’encontre des acteurs glucidiques, d’où l’apparition de la maladie.