Quel répit dans la guerre des panneaux solaires ?

La guerre des panneaux solaires prend fin avant même d’avoir commencé. La Chine et l’Union européenne semblent avoir trouvé un accord et les menaces de sanctions et de représailles commerciales entre les 2 parties ont désormais laissé place à une entente commune. La Chine a manifesté des signes d’ouverture face à la Commission européenne qui s’est montrée résolument décidée à sanctionner le pays pour ses pratiques commerciales. Le litige semble ainsi aller vers la voie de la réconciliation.

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Des accusations de dumping

Principal fournisseur de panneaux solaires à travers le monde, la Chine exporte 80 % de sa production vers l’Europe. Le vieux continent apparaît d’ailleurs comme le premier marché de la République populaire avec près de 20 milliards d’euros de marchandises exportées et 25 000 emplois générés. Les activités entre les 2 géants auraient pu être considérées comme de simples ententes commerciales si elles n’avaient pas lésé les constructeurs européens et que des pratiques de dumping n’avaient été évoquées par Bruxelles. L’UE a en effet accusé la Chine de vendre ses panneaux solaires 40 % moins cher que leur prix de revient et provoquer par la même occasion une présence importante sur le marché européen en raison de prix relativement bas. La Commission européenne avait alors décidé de sanctionner Pékin en imposant des droits de douane équivalents au dumping.
Prise au mois de juin, cette initiative devait obliger la Chine à relever ses prix et permettre l’instauration d’une libre concurrence entre les principaux acteurs œuvrant dans les panneaux solaires. La chine avait alors menacé l’Europe de représailles commerciales sur les importations de vin et de voitures de luxe, mais avait également pris la décision de saisir l’Organisation mondiale du commerce pour résoudre le différend. Du côté européen, les avis ont divergé entre l’instauration de la taxe exceptionnelle sur les produits chinois et la résolution du conflit à l’amiable. L’Allemagne, suivie d’une dizaine d’autres pays, a fait face à la France et à l’Italie qui ont fait montre d’une réelle volonté de sanctionner les pratiques chinoises. Ce bras de fer aura duré 2 mois avant que la Chine ne fasse le premier pas et décide d’appliquer un prix plancher à ses produits tout en limitant le quota de ses exportations.

Fin du litige ?

La guerre des panneaux solaires redoutée par de nombreux analystes n’a finalement pas eu lieu. Plusieurs semaines de négociations ont été nécessaires, mais la Chine et l’Union européenne ont finalement trouvé une entente. La République populaire aurait en effet accepté de limiter ses exportations en direction du vieux continent et d’instaurer un prix plancher. Ces mesures ont été la base de l’accord entre les 2 parties. Pour les constructeurs de panneaux solaires européens, l’accord leur permettra de récupérer une partie du marché de l’équipement solaire. Pékin s’engage ainsi à assurer la fourniture annuelle de 7 GW de panneaux solaires, soit près des ¾ du marché européen. Les exportations supérieures à ce quota se verront pénaliser par des droits de douane relativement élevés à hauteur de 47,6 %. Les constructeurs européens pourront de leur côté assurer la fourniture du marché local et combler ainsi la puissance manquante, équivalente à près de 3 GW.
Pour les analystes, il semble que la Chine ne sera pas pénalisée par cet accord. Il est en effet évident que l’Europe ne peut subvenir à ses propres besoins en panneaux solaires et que ses coûts de production élevés auront vite fait de faire reculer les acheteurs. Ces derniers n’auront alors d’autres solutions que de se tourner vers la Chine qui propose des prix compétitifs et qui peut facilement répondre à la demande du marché. La limitation des quotas n’aura ainsi aucun impact significatif sur Pékin et ses constructeurs. D’un autre côté, les prix plancher imposés par la Commission européenne risquent de se retourner contre l’industrie solaire : le coût élevé des panneaux photovoltaïques n’aura pour effet que de freiner la vente de ces produits. L’énergie verte apparaît ainsi comme le principal perdant de cette entente.

La République populaire est forte de son industrie puissante, elle pourrait ainsi renverser à son avantage les éventuels conflits qui se produiraient à l’avenir et, si le pays se montre actuellement empathique, il est clair que la Chine remporte la bataille de l’énergie solaire.