Petits déplacements, grande agilité : le succès des déplacements propres

Pour regagner une attractivité, les villes de toutes tailles sont en quête de bien-être pour leur population. Les municipalités ne rechignent pas à consacrer une part grandissante de leur budget aux déplacements doux, favorisant la qualité de vie urbaine et rompant avec l’isolement des habitants. 

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(Vélos électriques aux couleurs de la Deutsch Bahn)

Vélo chic

Paris, New York, Londres, Tokyo, Los Angeles. Les citadins raffolent de ces petites inscriptions dorées sur l’épais sac cartonné, fruit de leur dernier coup de cœur dans une boutique tendance. Mais quel effort de se rendre dans ces centres villes, pas toujours faciles d’accès, où la grisaille ne provient pas souvent des caprices de la météo. Depuis quelques temps, les sacs chics se démocratisent en étant placés sur les guidons de deux roues électriques. L’utilisation du cabriolet ou du roadster devient quant à elle bien ringarde.

Vélo à la croisée des chemins

En premier lieu, la priorité fut donnée à la construction d’infrastructures dédiées pour les deux roues « zéro émission ». Ainsi Franck Leroy, le maire d’Epernay dans la Marne a su créer « un réseau de plus de 20 kilomètres de pistes et bandes cyclables sécurisées ces 4 dernières années ». Plus récemment, les villes participent activement à l’utilisation des pistes cyclables dédiées, en aidant les habitants à s’équiper d’un vélo ou d’un scooter électrique. Ainsi certaines villes comme Paris, Milan ou La Hague n’hésitent pas à régler jusqu’à 30% de la facture du vélo électrique. Le sujet est si important que le principe devrait être légiféré, comme l’affirme Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement de Paris : « je préconise dans ma proposition de loi pour encourager l’usage du vélo et des modes de déplacement doux et peu polluants ».

Vélos modernes, vélo électrique

Pourquoi cet engouement ? Il ne s’agit pas d’un phénomène de mode, mais bien d’un progrès technologique couplé à un marché en plein essor. L’affluence au salon du cycle français qui a eu lieu à Paris en septembre dernier, tout comme la présentation de nombreux nouveaux modèles, peuvent en témoigner. En regardant de plus près, le secret du succès s’observe dans le système électrique embarqué sur le cycle. « Les enjeux de fiabilité, de durabilité et de sécurité liés à l’usage des systèmes de batteries électriques sont au cœur de la stratégie des constructeurs de vélos » souligne Laurent Achard, responsable commercial Europe de Forsee Power Solutions, société française spécialisée dans l’intégration de systèmes innovants de batteries électriques.

Vélo survolté

Effectivement, quand on regarde les nouveaux modèles, toujours plus performants avec des autonomies de plus de 200km pour certains, l’emplacement et la taille des batteries est stratégique. Le système de connexion au pédalier est aussi un bijou de technologie. D’ailleurs Forsee Power a développé et adapté ses produits en fonction des contraintes et selon les usages, qu’ils soient en assistance de pédalage (Vélo à Assistance Electrique : VAE) ou en motorisation de base. « A chaque produit correspond sa source d’énergie et son emplacement. Mais les avancées technologiques permettent des améliorations continues des performances dans un contexte de sécurité maximale. Nous avons intégré différentes technologies de batteries électriques pour nos clients, qu’ils soient constructeurs de cycles, de scooters ou de motos et selon des cahiers des charges exigeants aussi bien sur l’autonomie, la fréquence et l’utilisation. Nous obtenons au final des produits sûrs et optimisés en termes de rapport coûts-performances » indique également Laurent Achard. Et tout le monde s’y met puisque, au-delà des constructeurs de cycles historiques Solex, Moustache, Kalkhoff, Riese und Müller, Lapierre, on voit apparaître Mercedes ou Audi qui souhaitent se positionner sur ce marché très prometteur.

Vélo écolo

Cet engouement pour les deux roues écolo motorisés vient de son aspect pratique, simple, de son image sportive, économique et respectueuse de l’environnement. Rien de tel pour se faufiler dans les rues le plus étroites sans lutter contre le vent ou la topographie. L’usage va également en s’intensifiant en milieu rural, non seulement pour se déplacer mais aussi pour découvrir des milieux préservés reculés. Ainsi, dans le parc du Vercors, des vélos ou VTT électriques peuvent être loués pour flâner, sans souffrir dans les montées, et découvrir le paysage merveilleux des gorges encaissées et isolées. La batterie solidement embarquée alimente à la fois les éclairages et la roue arrière, via le pédalier. Sans avancée technologique notable des systèmes d’intégration de batteries, les côtes interminables de plus de 15% de dénivelé ne pourraient être franchies.

Nous ne sommes qu’au début des deux-roues verts. Le marché chinois qui compte un parc de plus de 450 millions de vélos commence à bien s’équiper en bicyclettes électriques. Va-t-on parler d’une nouvelle success story, cette fois-ci technologique, si le vélo électrique suit la même progression que son ancêtre non motorisé ? En 30 ans la Chine est passée de 6 à 90 millions de bicyclettes produites par an ! En comparaison, la production mondiale de voitures frôle les 70 millions. Alors on peut comprendre pourquoi les constructeurs automobiles qui possèdent la technologie électrique s’intéressent à ce marché.

Vélo abordable

Les prix commencent à baisser et deviendront rapidement abordables y compris pour les foyers à revenus limités ; s’y ajoute la vertu du très faible coût d’utilisation. Il faut compter un peu moins de 1500 € pour un VAE entrée de gamme. Point positif supplémentaire, la fabrication est désormais pour partie française : Veloscoot vient par ainsi de rapatrier une partie de la production en France à Saint-Georges-lès-Baillargeaux, dans la Vienne. Sébastien Beugin, son PDG, peut compter grâce à cela sur une croissance de 20 à 25 % par an. « Nous proposons le seul vélo labellisé « Origine France Garantie », à des prix très compétitifs et nos perspectives de développement sont importantes sur un marché qui évolue très vite », précise le PDG. Avec les aides financières directes de la part des municipalités, le prix du vélo électrique n’est guère plus élevé qu’un vélo classique de bonne facture. Et contrairement aux voitures électriques, les particuliers sont propriétaires de la batterie du vélo (technologie Li-ion) dont la durée de vie des plus récentes est estimée à plus de 2000 cycles, soit plusieurs années d’utilisation.

Vélos très demandés

La demande en forte croissance devrait permettre aux opérateurs de location, comme JCDecaux, de proposer les bicyclettes électriques en déclinaison du Velib’. Cette possibilité permettra de répondre aux besoins des villes à fort dénivelé. Les villes comme Aix-en-Provence, devraient cette fois-ci y trouver leur compte après l’arrêt de V’Hello en 2011. Le dispositif mis en place par la maire d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, partait d’une bonne idée, mais la balade n’était donc vraiment rafraîchissante puisqu’il fallait pédaler vraiment dur pour se déplacer par 35°C en période estivale. Avec la bicyclette électrique, c’est la batterie qui prendra le relais, et l’utilisateur pourra même se prendre pour un grand sportif.

Vélo plaisir

Il y a fort à parier que les villes vont à nouveau briller et respirer, avec les produits innovants qui arrivent. Tout est histoire d’agilité dans les déplacements, où les contraintes se transforment en plaisirs. Une grande liberté dans les petits déplacements : rien de tel pour dynamiser un tissu économique local.