Le végétarisme : un marché en devenir pour l’industrie agroalimentaire

Le végétarisme semble avoir le vent en poupe à l’aube d’une époque où les ressources naturelles commencent à se faire de plus en plus rares. Qu’il s’agisse de raison de santé, de raison écologique ou éthique, les chiffres annoncent une croissance lente, mais progressive des adeptes du régime végétarien. Pour l’industrie agroalimentaire, c’est une nouvelle ère qui s’annonce et la conquête d’un segment en pleine croissance est lancée.

VégétarismeUn choix moral ou religieux

Ce n’est pas sans raison si le nombre de végétariens a augmenté de 100 % en France en l’espace de 3 ans. Beaucoup soutiennent l’idée que ce n’est pas le régime carné en lui-même qui est à blâmer, mais plutôt la façon de traiter les animaux. Pour ce segment de population, le régime végétarien s’impose pour des motifs éthiques et un refus total de tuer et de faire du mal aux animaux dans le seul but de consommer leur chair.

Certaines religions véhiculent également le concept de réincarnation et de non-violence envers les êtres vivants. Pour d’autres, l’abstention à la consommation de viande est imposée comme une règle et les restrictions alimentaires, notamment les produits d’origine animale, sont courantes.

Une question d’hygiène alimentaire

L’adoption d’un régime végétarien répond également à un souci de mieux consommer et d’avoir une hygiène alimentaire plus équilibrée. La consommation d’acides gras saturés est ainsi réduite ainsi que le risque de cholestérol. Les végétariens semblent d’ailleurs être moins sensibles aux maladies comme l’hypertension, les cancers, du côlon et de la prostate et le diabète de type 2 même si certaines recherches démontrent également qu’un régime mal conduit est une source de carence et de déséquilibre nutritionnel.

Si la privation de viande rouge permettrait de prolonger l’espérance de vie, c’est également une manière de faire des économies, à condition de changer radicalement d’habitude alimentaire. Les agriculteurs ainsi que certaines associations proposent la vente directe de produits de saison toujours frais pour ceux qui ne souhaitent pas se perdre dans les étiquettes des supermarchés.

Une conviction écologique

De nombreux végétariens choisissent ce mode d’alimentation pour des raisons écologiques. En effet, la production intensive de viande nécessite souvent la culture d’une quantité impressionnante de céréales ainsi que de nombreux autres aliments de base qui pourraient, selon eux, servir de nourriture aux Hommes. Outre la pollution, le gaspillage de l’eau et les émissions de gaz à effet de serre, l’élevage intensif est pointé du doigt. En effet, ses répercussions désastreuses sur l’écosystème se font progressivement sentir.

De nouvelles opportunités pour l’industrie agroalimentaire

Face à un revirement latent du comportement et de la façon de consommer, l’industrie agroalimentaire semble avoir trouvé un nouveau segment à développer, celui du végétarisme. Pour convaincre, la consommation plus éthique ou la gestion optimisée des ressources ne semblent pas être de bons arguments. La création de nouveaux produits qui se caractérisent par leur diversité, leur accessibilité et leur respect de l’environnement, voilà une démarche qui fait écho auprès des consommateurs.

Le prix, le goût, l’innovation et le conditionnement sont des arguments de taille pour séduire de nouveaux adeptes d’un régime qualifié de plus sain par les producteurs. L’apparition des alternatives comme les escalopes de lupins, les saucisses de tofu, les crevettes à base d’algues ou les steaks de blé illustre parfaitement la créativité marketing dont fait preuve l’industrie agroalimentaire.

Même si un grand changement au niveau des habitudes alimentaires reste encore utopique, le secteur de l’agroalimentaire dispose sans conteste d’un marché florissant et prometteur à dominer. Il ne profite d’ailleurs pas seul de cette révolution verte qui germe doucement dans tous les coins de la planète puisque les plantes partent aujourd’hui à la conquête de nombreux autres domaines comme l’automobile, le textile ou l’électronique. En effet, si les légumes et les fruits prennent la place des viandes, les plantes semblent avoir réussi à remplacer le pétrole.

L’engouement pour le végétarisme est donc bel et bien d’actualité, mais il appartient au secteur de l’industrie agroalimentaire de profiter de cette manne tout en évitant de créer un effet pervers dû à une mauvaise gestion des prix. Choisir de privilégier les aliments d’origine végétale comme les fruits et les légumes frais revient parfois plus cher. L’offre alimentaire fait ainsi face à un pari où il importe de proposer une plus grande qualité nutritionnelle tout en préservant le budget des consommateurs. La variété ne doit pas se limiter à une palette de produits, mais doit également s’étendre à un choix large de prix afin de favoriser et entretenir un changement durable des habitudes de consommation.