Peut-on réconcilier industrie et écologie ?

L’heure est aujourd’hui à un tournant, celui de la nécessité de réconcilier industrie et écologie. Renouer ces deux concepts, bien qu’éloignés et incompatibles dans l’esprit de l’humanité, demeure la clé du développement durable. Mais, bien avant d’évoquer les pistes éventuelles pour la réalisation d’une telle démarche, il convient d’apporter une réponse à la question : peut-on réconcilier industrie et écologie ?

UsineRéconcilier industrie et écologie : une démarche réalisable

Il est plutôt d’usage de parler de réconciliation entre les notions, totalement opposées l’une de l’autre que sont l’écologie et l’industrie. Les écologistes veulent mettre en exergue la protection de l’environnement, la nécessité de normes et de contraintes diverses à chaque niveau de la société ou encore les problématiques liées à l’exploitation des ressources non renouvelables. L’industrie de son côté, évoque certainement des avantages comme la création d’emplois, la transformation de matières premières, mais aussi la mise en place d’un circuit dont la finalité est la production de biens et de richesses.

Mais, si les écologistes sont parfois montrés comme un nouveau frein à la croissance, pour autant, l’industrie a elle l’image d’une filière polluante. Pourtant, l’avenir est à la mise en œuvre d’une industrie totalement responsable vis-à-vis de l’écologie, l’une comme l’autre étant des notions indissociables et déterminantes en vue d’un véritable développement durable. Dans la pratique, ce concept est parfaitement réalisable, comme le reflètent les différentes initiatives, déjà en application ou encore au stade de projet.

Des plans d’action au Ministère de la Défense

Au Ministère de la Défense, le « Brienne de l’environnement » pourrait être considéré comme une initiative pensée pour réconcilier énergie et écologie. Signataire de cette variation du Grenelle, ce département a exécuté une quarantaine de programmes totalement orientés dans ce sens depuis l’année 2008. Les infrastructures, la gestion de l’eau, de la logistique et des déplacements sans oublier celle des déchets : une nouvelle démarche a été planifiée et appliquée au niveau de l’ensemble de l’organisation interne du ministère.

Cette initiative prend tout son sens, car il faut savoir que le Ministère dispose d’environ 43 %, en valeur, du patrimoine immobilier de l’État ainsi que d’une flotte considérable d’engins roulants et de véhicules. Rien que pour ces derniers, le département est responsable de l’émission d’au moins 7,3 millions de CO2. L’installation de 20 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments de la base aérienne d’Istres fait par exemple partie des mesures décrétées grâce à ce dispositif. Ce plan d’action Environnement de la Défense a nécessité une enveloppe de 180 millions d’euros pendant la période 2008-2010.

Ouvriers et salariés conscients de leur responsabilité

Mis à part l’appareil étatique, les structures privées désirent également être parties prenantes dans cette nécessité de réconcilier industrie et écologie. En 2012, les associations d’ouvriers et autres groupements de salariés étaient ainsi nombreux à exposer des projets viables, destinés aux candidats à l’élection présidentielle dans l’Hexagone. Dans l’optique d’allier écologie et relocalisation, plusieurs projets alternatifs industriels ont ainsi émergé.

En Lorraine, à Gandrange plus exactement, les sidérurgistes d’ArcelorMittal ont par exemple été consternés par le processus d’approvisionnement validé par leur employeur. Le laminoir de leur aciérie étant à l’arrêt, celle-ci est dans l’obligation de faire venir de la matière première depuis la Pologne ou l’Allemagne. Outre son coût très élevé, ce dispositif a aussi l’inconvénient d’engendrer un bilan carbone désastreux. Aux yeux des ouvriers de cette usine, la meilleure solution serait de fondre la matière première, autrement dit l’acier, sur place. Grâce à l’utilisation d’une aciérie électrique, assemblée avec des métaux récupérés dans la région, ce procédé est totalement viable, et il propose en outre un bilan carbone plus acceptable. Mais, la situation est restée bloquée, car ArcelorMittal ne veut pas débloquer les 120 millions d’euros indispensables à la réalisation du projet.

Les start-ups acquises à la cause

Réconcilier industrie et écologie entre totalement dans l’engagement de l’entreprise HYPNOW, pour Help Your Planet NOW. David Dieulle et Christophe Tardy se sont associés depuis 2006 pour créer un ingénieux dispositif permettant à des outils du quotidien de fonctionner en utilisant moins d’énergie. Les deux entrepreneurs sont pourtant issus de la filière industrielle, étant respectivement titulaires d’un BTS en conception de produits industriels et ingénieur diplômé de l’ENSAM et de l’IAE d’Aix-en-Provence. La passion commune pour l’écologie et la mécanique a réuni ces deux têtes bien faites, et leur rencontre est couronnée d’une belle réussite. Ils sont à l’origine de MAGN-US, un produit ménageant la consommation de carburant et AQUAGYRE, un antitartre, désormais disponibles dans le commerce. Ces articles développés par HYPNOW sont compatibles avec de nombreux types d’appareils : des tracteurs aux motos, en passant par les moissonneuses-batteuses et les tronçonneuses.