L’écologie sera-t-elle le talon d’Achille de la Chine ?

Première puissance mondiale, principal bailleur de fonds des États-Unis, plus important consommateur de charbon et premier pollueur de la planète, la Chine ne manque pas de superlatifs. Son poids économique considérable en fait un pays riche et industrialisé toutefois, son développement se fait au prix d’un désastre écologique inconcevable. La disparition de certaines espèces endémiques ou encore le déplacement massif de millions de personnes sont ainsi des faits imputables à l’essor du pays.

CHINA-ENVIRONMENT-POLLUTIONL’énergie primaire, principale source de CO2

Avec 70 % de part de consommation, le charbon est actuellement la ressource énergétique la plus utilisée en Chine. Le pays a d’ailleurs dépassé les États-Unis dans l’utilisation de cette ressource largement sollicitée dans l’industrie. Pour rappel, le pétrole et le gaz représentent moins du quart de ses ressources d’énergie tandis que l’hydraulique reste particulièrement sous-utilisée. La Chine a également gardé une consommation énergétique stable bien que les exportations de charbon à travers le monde aient particulièrement diminué.
La République populaire brûle 3,5 milliards de tonnes de charbon chaque année. Ce chiffre était 5 fois moins important en 1980 alors qu’aujourd’hui, il équivaut à la moitié de la consommation mondiale. Les importantes quantités de dioxyde de carbone générées par la Chine en font le premier émetteur de gaz à effet de serre et cette énergie primaire est largement mise en cause dans la pollution de l’air. Le pays compte en outre 13 des villes les plus polluées au monde bien que les émissions de CO2 de ses habitants soient inférieures à celles des habitants des autres pays industrialisés, États-Unis et Europe en tête.

Développer l’énergie renouvelable

Afin de réduire son indépendance vis-à-vis du charbon, et diminuer par la même occasion ses émissions de gaz à effet de serre, la Chine prévoit de développer de nouvelles stratégies énergétiques. D’ici 2020, le gouvernement chinois envisage ainsi d’accroître la part de production des énergies renouvelables à 15 % en s’appuyant sur ses importantes ressources naturelles. Les grandes surfaces désertiques ainsi que les longs fleuves devraient lui permettre d’aller dans ce sens. Toutefois, bien que le pays soit le premier producteur d’énergie hydroélectrique et éolienne à travers le monde, celles-ci ne représentent que 10 % de sa consommation énergétique.

Les impacts environnementaux causés par la politique hydraulique de la Chine concourent cependant à ralentir l’expansion de solutions positives. Par exemple, le barrage des Trois gorges serait responsable de glissements de terrain et autres catastrophes en plus d’avoir un impact négatif sur l’écosystème environnant. Celui-ci produit pourtant 11 % de l’hydroélectricité du pays, soit 22,5 Gw. Concernant l’agrocarburant, la Chine ne peut exploiter cette voie en raison de ses faibles étendues agricoles qui représentent moins de 8 % de la surface du pays.

Lutter efficacement contre la pollution

L’indifférence du gouvernement chinois vis-à-vis de la pollution a longtemps été décriée. On lui reproche entre autres d’appuyer le développement industriel du pays sur le charbon et de ne pas réagir face à l’importante croissance du parc automobile dans certaines villes. Il a d’ailleurs fallu la mobilisation de l’opinion publique pour que les dirigeants chinois décident d’investir davantage dans les énergies renouvelables et prennent des décisions visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Il suffit de contempler le ciel noirci des villes chinoises pour se rendre compte de l’importance de la pollution. Cette dernière est causée autant par les véhicules que les activités industrielles qui ne cessent d’augmenter au gré de l’urbanisation croissante du pays.

Aujourd’hui, la République populaire envisage sérieusement de lutter de manière efficace contre la pollution. Elle a démontré sa volonté à travers son plan quinquennal axé sur le développement des énergies renouvelables. L’objectif du pays est d’accroître sa capacité de production dans l’énergie hydroélectrique et éolienne, mais également de concevoir de nouvelles technologies vertes à destination de l’industrie automobile et ferroviaire. Les entreprises locales sont d’ailleurs sollicitées pour développer des solutions allant dans ce sens afin de réduire les émissions de CO2 et diminuer la dépendance vis-à-vis du charbon.

Plusieurs années seront certainement nécessaires avant que la Chine ne devienne une puissance verte. Bien que des efforts soient réels du côté des dirigeants, il faudra du temps avant que le désastre écologique provoqué par une industrialisation trop rapide ne soit entièrement corrigé. Aujourd’hui, le terme d’usine du monde est d’ailleurs particulièrement approprié pour le pays qui voit son industrie se développer de manière importante en produisant des quantités inquiétantes de gaz carbonique.