Doing Business : Un rapport de la Banque Mondiale controversé


Des ONG de plusieurs continents montent actuellement une campagne demandant à la Banque Mondiale de mener une série de changements à son rapport annuel « Doing Business » consacré à l’hospitalité des pays pour les entreprises étrangères.

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La Banque Mondial finalise la mise à jour de son rapport intitulé « Doing Business« , un rapport très attendu mais aussi très controversé. Et de nombreux experts avancent aujourd’hui que les modifications que prévoit d’y faire figurer la Banque Mondiale ne seront en réalité que très, voire trop, légères.

« C’est un exercice de relations publiques mais avec des indicateurs plutôt solides pour l’avaliser et c’est bien la réunion de ces deux caractéristiques qui rend le rapport « Doing Business » tout à fait intéressant pour la politique mondiale » argue Scott Morris du Centre pour le Développement Mondial.

Une coalition de 18 ONG, sociétés civiles, associations et syndicats se sont récemment réunies pour presser la Banque Mondiale à effectuer les réformes nécessaires. Spécifiquement, ces entités ont demandé à la Banque Mondiale d’adhérer de manière plus forte aux recommandations détaillées édictées l’an dernier par un panel d’experts bancaires externes pilotés par Trevor Manuel, un ancien ministre des finances d’Afrique du Sud.

Alors que la vocation de la Banque Mondiale est de combattre la pauvreté au niveau international, les associations mettent en doute la pertinence des indicateurs pour les communautés les plus pauvres qui pourraient leur être même défavorables. Ainsi la commission de M. Manuel avait pointé que le rapport était en réalité déconnecté des petites et moyennes entreprises dans les pays en voie de développement. En fait, le rapport serait davantage dédié au support des opérations des multinationales dans ces pays. Et ceci est d’autant plus préoccupant que le rapport est utilisé par 85% des décideurs politiques au niveau international.

Le coeur du rapport est toujours un classement consolidé des pays sur leur propension à faciliter les affaires sur leur territoire. Alors que le classement est basé sur une série d’indicateurs complexes, le résultat mène inévitablement à une concurrence acharnée entre gouvernements pour grimper dans le classement et attirer potentiellement le plus d’investissements étrangers. Ce qui amène les gouvernements à mettre en oeuvre des recommandations politiques uniformes comme par exemple la réduction des taxes et impôts, affaiblissant par là même l’industrie et mettant en danger les populations les plus pauvres.

C’est pourquoi la commission de M. Manuel avait demandé en juin dernier à la Banque Mondiale d’abandonner tout bonnement le système de classement…