L’enjeu de la co-construction entre ONG et entreprises

Entreprises et ONGUne thèse récente montre en quoi les partenariats stratégiques entre les ONG et les entreprises contribuent à la co-construction de stratégies de RSE dans un nouvel espace qui pourrait s’appeler l’open RSE. La semaine dernière, le Monde montre l’exemple d’une entreprise ayant réussi mettre au point un médicament en coopération avec une ONG.

Les partenariats entre entreprises et ONG ont tout à gagner de se construire dans une perspective ouverte qui accorde une place prépondérante aux parties prenantes. Telle est l’une des conclusions de la thèse d’Alexandra Mauduit intitulée « Les partenariats stratégiques ONG – Entreprises : pour co-construire les stratégies de RSE ? », soutenue en décembre 2013 à l’université Paris Sud.

Dans son édition du 5 octobre, Le Monde explique comme le laboratoire pharmaceutique Sanofi est devenu l’un des premiers partenaires de l’ONG Drugs for Neglected Diseases Initiative (DNDi) spécialisée dans la recherche de médicaments. Tout est parti de l’initiative de Sanofi d’ouvrir sa « bibliothèque » de molécules aux chercheurs de l’ONG et de permettre aux deux équipes de chercheurs d’identifier des candidats médicaments. Dans ces candidats, les chercheurs ont trouvé  » le fexinidazole, synthétisé dans les années 1970 par Hoechst, un des ancêtres de Sanofi » et destiné à lutter contre la maladie du sommeil, et ont décidé de développer ensemble le médicament. Plus spécifiquement, DNDi a procédé aux essais cliniques et Sanofi s’est chargé de l’autorisation de mise sur le marché et de la production. Autre engagement de Sanofi, et non des moindres, celui de fournir gratuitement le médicament à l’OMS. Au total, Sanofi estime que le budget de ce projet qui se déroule de 2010 à 2015 s’élève à 4 millions d’euros (sur un bénéfice, en 2013, de 6,69 milliars d’euros pour le géant mondial du médicament). L’ONG avait déjà, en 2007, lancé avec Sanofi un médicament antipaludique, opération qui s’était révélée un succès puisque 300 millions de traitements ont été distribués depuis.

Interviewant Robert Sebbag, vice-président chez Sanofi en charge de l’accès au médicament, Le Monde rapport ses propos : « Il ne s’agit pas de philanthropie (…). Nous sommes le premier laboratoire en Afrique et il nous importe d’apparaître comme un partenaire de santé et pas seulement comme une machine à faire de l’argent. ». Et la stratégie s’avère payante dans un contexte où les grands groupes sont auscultés sur la dimension sociale de leur activité. Selon Le Monde :  » Sanofi se classe ainsi troisième derrière le britannique GSK et l’américain J & J à l’Access to Medicine Index, qui évalue l’effort des industriels pour rendre leurs médicaments accessibles dans les pays émergents. »