Jeremy Rifkin et la fin du capitalisme

Jeremy RifkinTitré « La nouvelle économie d’abondance signe la fin du capitalisme », L’Express publie une longue interview de Jeremy Rifkin, essayiste américain et spécialiste de la prospective économique et scientifique, où il est question de l’impact des big datas, de l’impression 3D et des énergies renouvelables sur l’économie du monde.

Connu pour ses propos parfois dérangeants, Jeremy Rifkin ne laisse personne indifférent et certainement pas la dizaine de chefs d’Etat qu’il conseille régulièrement. Il s’explique auprès des journalistes de l’Express sur sa vision de l’avenir de l’économie mondiale, celle de la fin du capitalisme, vision qu’il détaille dans son dernier opus « La Nouvelle Société du coût marginal zéro ».

Pour Jeremy Rifkin, le taux de croissance du PIB mondial ne cesse de se réduire depuis la crise de 2008 et ce phénomène n’est pas circonscrit à l’Europe. En cause : le choc technologique que nous sommes en train de vivre qui abaisse le coût marginal des biens et services de grande consommation jusqu’à le rapprocher de zéro. De ce fait, les profits fondent et la croissance s’évapore. Ce choc technologique est caractérisé par trois éléments : les nouvelles formes de communication, les nouvelles énergies et les nouveaux modes de transport. Finalement, cette rupture se rapproche de celle du 19ème siècle avec la machine à vapeur, le télégraphe et le rail, et de celle du 20ème siècle avec le pétrole, l’automobile et le téléphone. Le 21ème siècle sera marqué par Internet, l’éolien et le solaire et l’automatisation des moyens de transport.

La différence majeure entre les deux précédentes révolutions industrielles et celle que nous expérimentons aujourd’hui réside dans l’organisation qui, autrefois centralisée, se trouve désormais totalement décentralisée. On pourra sous peu produire de l’énergie partout dans le monde et la production va devenir elle aussi décentralisée. C’est ce qui amène Jeremy Rifkin à prédire la fin des grandes entreprises intégrées, voire la fin du capitalisme.

Il étaye sa théorie en prévoyant l’avenir des « prosommateurs » : « La combinaison d’une information et d’une énergie quasi gratuites va entraîner un formidable boom de la productivité, au point de réduire le coût marginal -c’est-à-dire le coût pour produire une unité supplémentaire- à quasiment zéro. Grâce à ce super-Internet, des millions de « prosommateurs » -des producteurs-consommateurs- vont pouvoir produire, échanger et consommer une très grande quantité de biens et de services à un prix presque nul. »

Cette nouvelle organisation de l’économie nous permettra d’entrer dans un monde d’abondance et non plus de pénurie, laquelle était l’apanage du système capitaliste :  » Dans une économie d’abondance, du fait de la baisse du coût marginal, il n’y aura plus besoin ni de la publicité ni de la surconsommation. » Et ce sont les jeunes « milleniums », qui s’inscrivent totalement dans cette économie du partage, qui seront les leaders de ce changement de paradigme.

En savoir plus
La nouvelle société du coût marginal zéro. L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme / Jeremy Rifkin. Editions LLL (Les Liens qui Libèrent), 2014.