Les entreprises britanniques courent après le Fair Tax

Fair TaxUn article paru récemment dans The Times explique pourquoi les entreprises britanniques vont de plus en plus afficher dans leurs communications le logo de l’ONG Fair Tax.

Traduit par Courrier International, l’article du Times présente SSE, grande entreprise dans le domaine de l’énergie, comme la première organisation du FTSE 100 à avoir apposé le logo de l’ONG sur ses documents officiels. Et pour cause, dans un pays où le système fiscal est en crise, donner la garantie à ses parties prenantes que la totalité des impôts dus sont payés et publiés est devenu un vrai gage de transparence.

Si l’ONG Fair Tax obtient un certaine écoute auprès des entreprises britanniques, c’est aussi parce que le public n’a qu’une relative confiance dans les dispositifs de contrôle mis en œuvre par le gouvernement et assurés par le HM Revenue & Customs, l’équivalent du fisc français, qu’ils jugent beaucoup trop opaques et vieillots.

SSE a donc réussi le test de la transparence fiscale auprès de l’ONG, ce qui n’est pas le cas de toutes les entreprises ayant présenté leurs comptes à l’ONG. Mais celles-ci réalisent aujourd’hui que l’impôt pourrait devenir leur problème n°1 auprès de leurs parties prenantes si elles continuent à « optimiser » à tout va. Le Times (traduit par Courrier International) cite la banque Barclays qui « considère désormais que son groupe interne de conseil fiscal – réputé pour avoir conçu une des plus complexes, des plus artificielles et des plus lucratives structures d’évitement fiscal connues – est si nuisible à son image qu’elle l’a fermé. »

La pratique fiscale des entreprises est devenue très sensible dans de nombreux pays. Autrefois, les entreprises arbitraient sur leur politique de déclaration fiscale en fonction des risques et des coûts d’un éventuel procès dans tel ou tel pays. Désormais, l’opinion publique est une véritable menace qui, si elle se saisit du cas d’une entreprise, peut impacter fortement sa réputation et ses ventes. Amazon en est peut-être un exemple même s’il est difficile de l’évaluer. Le Times indique qu’une étude réalisée l’année dernière par l’Institute of Business Ethics, l’évasion fiscale est placée avant la rémunération démesurée d’un dirigeant ou la corruption parmi les « péchés » qu’une entreprise peut commettre. Et, selon une enquête de ComRes, un Britannique interrogé sur trois a déclaré en 2013 boycotter les produits ou services d’au moins une entreprise parce qu’elle ne payait pas suffisamment de taxes au Royaume-Uni.