ATD Quart Monde veut éradiquer le chômage de longue durée


ATD Quart Monde
L’organisation de solidarité veut expérimenter un nouveau mode de financement de l’emploi, pour montrer que le chômage de longue durée et l’exclusion sociale est un fléau que l’on peut combattre et supprimer.

Pour ATD Quart Monde, le financement de l’emploi par « transfert de charges » des personnes durablement privées d’emploi aujourd’hui ne coûterait pas davantage à la collectivité que la part de financement qu’elle consacre légitimement à aider ces personnes. Or, une grande majorité des citoyens demandent de l’emploi, de la dignité, de la considération et non des allocations de substitution. L’idée part du constat qu’un chômeur de longue durée coûte à la collectivité environ 15 000 € par an en prestations diverses. Ce montant est relativement proche des 22 000 € annuels d’un smic à plein-temps. Si ces prestations pouvaient être directement versées pour financer des CDI, le coût manquant serait donc de 7 000 €. Selon l’organisation, cette somme pourrait largement être couverte par les richesses de l’activité elle-même, sans dépenses publiques supplémentaires.

Le mode de financement par transfert est indispensable pour atteindre l’exhaustivité du « zéro » chômeur de longue durée, car il permet de créer et financer des emplois autant que de besoin. En effet, tout chômeur de longue durée qui revient à l’emploi conventionné permettrait de réaliser une économie budgétaire qu’il devient ipso facto légitime de transférer sur le financement de cet emploi.

Enfin le mode de financement par transfert est, selon ATD, le seul qui puisse apporter la sécurité individuelle à très long terme par le recours au CDI, au SMIC à temps choisi. « La précarité de l’emploi et la crainte du lendemain, sont le poison le plus puissant qui paralyse et entraîne la création de ces fameux « freins à l’emploi », fantasmés et si mal nommés. » explique l’organisation qui ajoute : « Ce ne sont là que des barrières dont l’objet est de masquer la pénurie réelle d’emplois et rejeter la responsabilité sur la victime : le citoyen privé d’emploi. »

Selon le quotidien La Croix, « le mouvement a déjà convaincu quatre territoires volontaires en Ille-et-Vilaine, en Meurthe-et-Moselle, dans les Deux-Sèvres et dans le Nivernais. Les élus de ces collectivités attendent d’être reçus par les présidents de groupes politiques siégeant au Palais-Bourbon. S’ils parviennent à se faire entendre, la méthode d’ATD sera éprouvée sur un premier échantillon de 200 personnes, en identifiant des savoir-faire qui coïncident avec les besoins des bassins d’emploi. »