Standard & Poor’s crée un indice des valeurs catholiques

StandardL’agence de notation américaine lance un indice des valeurs catholiques pour aider les investisseurs à choisir des entreprises en phase avec leurs convictions.

Père Pascal-André Dumont, économe de la communauté Saint-Martin, gestionnaire du fonds d’investissement français Proclero s’exprime à ce sujet sur le site Famille Chrétienne : « D’après ce que l’on en sait à ce jour, l’indice s’appuie sur un filtre d’exclusion, c’est-à-dire qu’il exclut certains secteurs d’activité, principalement l’armement, le tabac, l’alcool, la pornographie et surtout tout ce qui porte atteinte à la vie humaine (produits abortifs, recherche sur les cellules-souches embryonnaires…). Ce filtre d’exclusion est un bon début, mais cela ne suffit pas. Il ne s’agit pas seulement d’exclure les activités économiques mauvaises, il faut en plus définir les activités économiques qui sont bonnes pour la personne. Il en va de la responsabilité morale de l’investisseur. La finance est un moyen, mais en vue de quelle fin ? C’est tout ce travail positif qui reste à faire une fois que l’on a écarté le négatif d’un investissement. »

Le magazine Challenges explique que pour l’instant la finance catholique « n’est qu’à l’état embryonnaire. Le fonds ProClero créé il y a 3 ans possède actuellement 43 millions d’en cours sous gestion. Une goutte d’eau, certes bénite, dans la finance mondiale. Le produit a été créé à l’initiative du prêtre Pascal André Dumont, de la communauté traditionnelle de Saint-Martin afin de trouver des ressources pour la formation des prêtres. Avec l’aide de Meeschaert Asset Management, le fonds permet de rémunérer la communauté grâce aux frais de gestion (200.000 euros en 2015). Pourtant Pascal André Dumont ne veut « pas vraiment faire de ce fonds une question de foi ou de dogme ni un problème moral. Il faut simplement dire que lorsque l’on a des moyens financiers, on a la responsabilité de ce que l’on fait avec cet argent car votre placement a un impact ».  »

L’auteur de l’article ajoute que « la finance catholique ne représente pourtant pas grand chose par rapport au poids de la finance islamique. Ses actifs mondiaux seraient estimés à 100 milliards de dollars alors que la finance islamique en représente 2.000 milliards selon Standard & Poor’s. Situation pour le moins paradoxale car celle-ci obéit à des règles beaucoup plus strictes. « La finance islamique doit obéir aux lois de la charia à savoir 5 piliers : l’interdiction de l’intérêt et de la spéculation, l’interdiction des financements illicites au regard de la charia (alcool, pornographie, porc principalement), respect du principe de partages des pertes et profits au cours d’une transaction et le principe d’actif sous-jacent (un actif réel doit exister à chaque transaction) « explique Mohamed Damak, responsable mondial de la finance islamique pour Standard & Poor’s, à Dubaï. »