Chez Renault, la polémique enfle autour du suicide des salariés

Renault

La sonnette d’alarme a été tirée par les syndicats du groupe Renault qui à travers un décompte rendu public ce mardi 25 juillet par le Parisien, décèlent au moins deux cas de suicide et six autres tentatives entre 2013 et 2017. Une situation qui selon eux n’est expliquée que par les conditions de travail dans lesquelles évoluent les employés du constructeur français, compte tenu du contexte de production intense. Des allégations qui ne semblent pas cependant emballer la direction de Renault, qui réfute catégoriquement cette méthode de calcul avant de statuer sur les efforts consentis afin d’assurer le bien-être des salariés, expliquant sans doute la bonne santé commerciale du groupe.

Les syndicalistes pointent du doigt l’accord de compétitivité

Alors qu’on s’achemine vers la publication des résultats semestriels de Renault dans les jours à venir, les syndicats ont décidé de s’adresser à la presse aujourd’hui afin de pouvoir dénoncer avec la dernière énergie l’accord de compétitivité de 2013, qui selon eux a été à l’origine de plusieurs départs. A cela il faut adjoindre l’accroissement de la charge de travail sans oublier l’abus effectué sur les postes en intérim. Selon William Audoux, délégué CGT du site de Cléon, situé dans la Seine-Maritime, près de 8.000 emplois sur 34.000 auraient été supprimés entre 2013 et 2017.

Dans cette localité où sont construits les moteurs de chez Renault, le groupe y dispose 5.000 employés parmi lesquels quatre suicides ou encore tentatives ont été relevés durant l’année écoulée. Selon les syndicats, cette pression énorme subie par les salariés ne se manifeste pas seulement par des cas de suicide ou des tentatives manquées. En 2016, le groupe a enregistré le décès d’un ingénieur, atteint d’un malaise lors d’un entretien disciplinaire, au Technocentre Guyancourt. Outre ces drames, les syndicats font état de près de 139 burn-out enregistrés depuis 2016 sur les 9.600 employés du plus grand centre de recherche et de développement de la France.

Renault s’obstrue à la méthode de calcul retenu des syndicats

Renault a dans la foulée réagi dans le Parisien pour balayer d’un revers de main ses allégations relatives aux suicides enregistrés. Selon la direction de Renault, cet épisode relatif aux suicides est traité avec le plus grand des sérieux ce qui a conduit notamment à la mise en place d’une politique de prévention risque dont le plus saillant est le plan Cap2020. A cela il faudra ajouter, la création de nouvelles méthodes de travail ainsi que l’encouragement du télétravail, destinés aux cadres du groupe. Revenant sur les quelque 7.500 départs nets enregistrés entre 2013 et 2016, notamment à cause de la pression ressentie par la hausse de production, le groupe en profite pour informer d’un plan d’embauche qui prévoit prés de 3.600 signatures en CDI d’ici 2019, dont la moitié sera effective cette année-ci.
D’après les récentes statistiques de l’Observatoire National du Suicide, le taux global de suicide en France tournait autour de 16,7 pour 100.000 habitants. Cette statistique prend en considération plusieurs facteurs tels que l’âge, le sexe etc, des données qui n’ont pas été prises en compte lors de l’établissement du calcul retenue des syndicats ce qui contribue à rendre la comparaison difficile. Ces derniers cas de suicides ne sont pas les premiers chez Renault, pour rappel en 2007, le groupe avait enregistré trois suicides en l’espace de quelques mois au même Technocentre de Guyancourt, suffisant pour alarmer sur les cas d’anxiété au travail. D’autres entreprises seraient concernées par ces vagues de suicides notamment Orange et aussi le secteur agricole qui bénéficie d’une ligne téléphone d’écoute destinée aux exploitants.

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